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photo : Marie Rouge

> L’artiste

“Je suis membre du collectif Prenez Ce Couteau.
J’ai toujours dessiné, depuis toute petite. En grandissant, je me suis intéressée à d’autre médiums : la peinture, la photographie, un peu de vidéo… La peinture reste mon plus grand amour cependant. J’ai toujours représenté en très grande majorité des filles et des femmes. Je suis obsédée par ce qui est considéré comme la féminité. J’ai étudié aux Beaux Arts de Paris. En évoluant dans le monde de l’art, j’ai remarqué que le fait que je ne peigne que des femmes, qui plus est des femmes non érotisées, qui ne correspondent pas forcément aux critères de beauté blancs, pouvait mettre les gens assez mal à l’aise, les questionner. Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a demandé pourquoi je ne peignais que des femmes, et surtout “qu’est-ce qu’elles ont”, du fait de leur apparent mal-être. Je comprends d’où peuvent venir ces questions, mais je pense que leur fréquence est du au fait que ces représentations sont un contraste avec les images de femmes que l’on voit quotidiennement sur les affiches ou à la télévision, c’est-à-dire majoritairement blanches, minces, souriantes et/ou lascives. Il n’y a rien de mal à être blanche, mince, souriante et/ou lascive hein, mais j’ai été choquée par la réaction des gens face au fait de simplement représenter d’autres femmes. Bien que militante depuis longtemps, cela m’a poussée à m’engager encore plus, et m’a en quelque sorte obligée à inscrire mon travail dans un cadre politique.”

> L’oeuvre

“À cette exposition, je présente une peinture et une série de photos.
La peinture représente une femme assise sur le trottoir, la scène semble avoir été violente.
Le projet photo s’appelle « Nuit », j’ai fait poser 15 modèles individuellement, et mon but était de faire ressortir l’inconfort que l’on ressent dans la rue, la nuit, quand on est indentifié.e comme femme dans l’espace public. J’ai demandé à chaque modèle de s’habiller de la manière la plus stressante pour elle quand elle sort seule la nuit, et de mimer avec les mains le geste qu’elle fait machinalement, par nervosité, quand elle se sent en situation d’insécurité.”

www.elenamoaty.com

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