mecistee
photo : Marie Rouge

> L’artiste

“Même si j’ai plus ou moins toujours eu les mains dans l’art, j’ai commencé à l’étudier, à l’apprendre (en opposition à juste produire en solitaire) via le théâtre en 2001 en rentrant en conservatoire. J’ai continué dans un cursus Arts du Spectacle jusqu’à il y a 3 ans où j’ai passé le concours des Beaux-Arts de Montpellier parce que j’avais besoin de découvrir de nouveaux outils, une manière différente de créer. Ce que j’y ai fait, ce que je continue maintenant à faire, je l’aurais fait avec ou sans école. Je l’aurais fait parce que la création a toujours fait office pour moi de béquille pour avancer et de crocheteur de porte quand il s’agit de me connecter au monde. Je mets en place des projets qui parlent d’intime, de sexe, d’oubli, de corps, d’humain, d’humain, d’humains parce que ce sont des choses qui me terrifient. J’ai emménagé à Strasbourg il y a quelques semaines pour finir ma formation à la Haute Ecole des Arts du Rhin, tout en suivant en parallèle un cursus d’Art Dramatique au conservatoire de la ville, et aussi, peut-être surtout, parce que ça me faisait peur, et qu’il fallait donc que je le fasse.”

> L’oeuvre

C’est une performance.

“Pendant des années, systématiquement, avant chaque répétition, avant chaque  représentation, j’ai effectué un échauffement spécifique : j’ai manipulé le corps d’un autre comédien selon une partition précise qui s’est depuis inscrite dans mon corps comme geste de contact. Mes mains connaissent le chemin et savent où se poser sur le corps de l’autre. L’Autre malgré tout, pluriel et aléatoire, continue d’être une source de peur pour moi, une donnée que je ne peux pas maîtriser et devant laquelle je ne sais pas réagir.

L’Autre je ne sais que le toucher.  Si le rapprochement qui s’opère lors de ce processus d’échauffement ne me panique pas, c’est que l’intime qui advient entre le receveur et moi est d’une forme malléable et différente. Il ne réponds pas aux codes habituels des relations humaines. J’ai choisi de me confronter sans relâche à cet intime-là, éphémère, invoqué par le contact et qui s’efface dès que j’ai dit merci. Je passe un contrat avec moi-même et m’engage dans cette expérience qui n’a qu’une fin hypothétique.”

http://www.mecisteerhea.com/

 

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