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photo : Marie Rouge

> L’artiste

“C’est un peu cliché mais du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été intéressé par l’art. J’ai d’abord commencé par le dessin très tôt. Je me suis passionné pour la musique : l’alto puis le piano. J’ai chanté aussi. Je voulais danser mais mes parents ont refusé. C’est au lycée que j’ai commencé la photographie un peu par hasard en prenant des copines en photo un jour, un peu comme un jeu, j’ai continué trois ou quatre ans avant de réaliser que ce ne m’était pas voie. J’ai tout arrêté, tout balancé, entre temps j’ai approfondi mes passions pour le cinéma et l’architecture et j’ai orienté mes photos dans ce sens. Aujourd’hui j’ai le sentiment d’arriver à la fois à la fin de cette période et enfin à un moment de synthèse entre tout ça grâce au cinéma. Je suis étudiant en cinéma documentaire mais dans mon travail personnel autour du court-métrage dont BIENTÔT LE FEU est quasiment le premier essai, j’essaye de faire dialoguer tout ce à quoi j’ai pu toucher

Ce qui m’anime aujourd’hui c’est l’envie de me réapproprier mes représentations. Outre le fait que les racisés doivent encore lutter en France pour accéder à la représentation d’eux mêmes par eux mêmes (qui n’est légitime – ainsi que les discours et les productions artistiques – que lorsqu’ils sont produits par des blancs avec la proportion de racisme qu’on connait), c’est la question de ces représentations dans les espaces «««LGBTI»»» autour de laquelle je m’interroge depuis quelques années. Croire aujourd’hui qu’ils sont des espaces exemptés de racisme, d’islamophobie mais aussi de sexisme ou de transphobie, des espaces de représentation positive pour les racisé.es c’est se fourrer le doigt dans l’oeil. J’ai aussi peut être le besoin de créer des images auxquelles j’aurais aimé pouvoir m’identifier, d’interroger mes imaginaires et mes fantasmes ..”

> L’oeuvre

“BIENTÔT LE FEU est mon premier court-métrage. Je l’ai réalisé en 2016 avec un groupe de jeunes artistes, créatifs, militants, afro-descendant.es que j’ai constitué avec l’aide de Glen Mban, le costumier. Le film interroge le rêve, le fantasme de l’appropriation d’un espace vierge et sécurisant, affranchi des oppressions ; un espace où les corps se déplacent en toute liberté, sont beaux et constituent peu à peu un groupe prêt à lutter. “

http://nicolasmedy.tumblr.com

 

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