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Illustration : Manon Bauzil @bauz92
Vivian Maier est née le 1er février 1926 à New York et morte le 21 avril 2009 à Chicago.
C’est d’abord une nourrice professionnelle qui a travaillé pendant près de 40 ans, principalement à Chicago mais elle est aussi une photographe de rue très prolifique.
Les personnes l’ayant connue la qualifient de mystérieuse, audacieuse, paradoxale et excentrique.
C’est une femme très réservée qui partage peu sa vie et son passé.
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Autoportrait
Solitaire, elle n’a aucune famille ou en tout cas, n’a gardé aucun contact avec celle-ci. Elle n’a jamais été mariée, n’a jamais eu d’enfants mais elle apparait comme une véritable mère pour les enfants qu’elle garde. D’abord ouvrière dans un atelier clandestin à New York, elle décide de devenir nanny pour se sentir plus libre : travailler à l’air libre et surtout ne pas se préoccuper de payer un loyer ou de chercher un logement. Elle emmène d’ailleurs avec elle, chez chaque employeur de très nombreuses boites, remplies de choses et d’autres et accumule les journaux jusqu’à remplir jusqu’au plafond les chambres qu’elle habite.
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Originaire de France, elle garde un léger accent et apparait comme un véritable personnage aux yeux des familles pour qui elle travaille. Très grande, elle s’habille avec de grands manteaux, de grands chapeaux, des chemises d’hommes et ne se sépare jamais de son Rolleiflex qu’elle utilise de manière compulsive, quitte parfois à préférer photographier plutôt que de s’occuper des enfants qu’elle doit surveiller. Certains disent qu’elle les emmenait dans les quartiers malfamés de la ville et photographiait tout, du contenu d’une poubelle aux personnes autour d’elle, au point de rendre les enfants gênés de son propre comportement.

 

Elle a également beaucoup voyagé en 1959, lorsqu’elle décide de parcourir le monde pendant environ 8 mois à travers toute l’Amérique du Sud, le Yémen, l’Inde, la Thaïlande, l’Egypte…
Elle voyage seule, avec son appareil et réalise des milliers de photos.
Son travail est complètement inconnu du grand public jusqu’en 2007.
Le collectionneur John Maloof se rend à une vente aux enchères et pour des recherches sur un livre d’histoire qu’il souhaite écrire, achète une boite remplie de négatifs pour 380 dollars.
Le travail de Vivian et sa personne intriguent le collectionneur qui commence à scanner tous les négatifs et partage son travail sur internet. Il crée un blog avec environ 200 images et le résultat devient viral avec des centaines de milliers d’internautes exprimant leur intérêt.
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A partir de là, John Maloof se donne la mission de réunir tout son travail et de mieux connaitre cette artiste très mystérieuse. Il contacte une famille pour qui elle a travaillé grâce à une adresse trouvé dans la boite et découvre un box de stockage rempli du sol au plafond de cartons : vêtements, chapeaux, chaussures, journaux… Et surtout plus de 100 000 négatifs! Environ 700 pellicules couleurs non développées et 2000 pellicules noir et blanc non développées.
Face à ce travail colossal, John décide de contacter des musées institutionnels comme le MoMa à New York mais aucun d’entre eux n’accepte de traiter le travail désormais posthume de Vivian Maier.
Il se débrouille alors seul et commence à tout trier pour organiser une exposition et publier un livre.
Il est convaincu de détenir un travail incroyable et veut le montrer au reste du monde.
La première exposition aura lieu au centre culturel de Chicago et sera le point de départ d’une célébrité post mortem : tous les journaux parlent du travail du Vivian, même la télévision relaye son oeuvre.
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John Maloof réalise un documentaire en 2013 intitulé « À la recherche de Vivian Maier » pour d’une part l’aider à mieux connaitre le personnage qu’elle était et d’autre part rendre hommage à l’oeuvre colossale qu’elle a réalisé. Il interviewe beaucoup de familles pour qui elle a travaillé et montre également son travail à des photographes célèbres comme Mary Ellen Clark qui regrette qu’elle n’ait pas fait connaitre son travail de son vivant car elle aurait été célèbre à coups sûr.
Le travail de Vivian à un sens de l’humour et à la fois de la tragédie, elle à un véritable sens du cadrage et un beau sens de la vie. Son travail est comparable à celui de Robert Franck, Lisette Model, Helen Levitt ou encore Diane Arbus.
Au total, plus de 150 000 négatifs constituent son oeuvre ainsi que 150 bobines de films 8mm et 16mm.
Elle réalise également beaucoup d’autoportraits.

Si vous regardez son oeuvre vous comprendrez qu’elle voit l’étrangeté de la vie, documente la folie de l’humanité.

Aux yeux des institutions du monde l’Art, son travail n’est pas encore reconnu mais cela importe peu le grand public qui apprécie son oeuvre et n’attend pas leur validation. On retrouve quand même son travail exposé à travers le monde dans des galeries à New York, Los Angeles, Allemagne, Danemark…

Elle commence à peine à recevoir l’attention qu’elle mérite pour son oeuvre et nous pouvons maintenant mieux la comprendre grâce au travail de John Maloof mais sa célébrité posthume est finalement la meilleure chose qui aurait pu lui arriver car de par son caractère réservé et mystérieux , elle n’aurait jamais supporté la célébrité.

une biographie écrite par Eva Merlier