Berthe Morisot était, selon son épitaphe « La femme d’Eugène Manet ». Mais en réalité, elle était beaucoup plus que seulement la femme d’un peintre. Berthe Morisot était elle-même une peintre. Plus précisément, elle était la fondatrice de l’impressionnisme. Elle réussissait à capter les instants du quotidien des personnes qui l’entouraient et à les retranscrire dans des peintures lumineuses et pleines de vie.

berthe morisot
Illustration : Manon Bauzil @bauz92

Berthe Morisot naît le 14 janvier 1841, à Bourges, en France dans une famille bourgeoise. Elle fait partie d’une famille de quatre enfants, trois filles et un garçon. Durant leur éducation, les sœurs Morisot ont appris le piano et le dessin. Leurs premiers professeurs sont les peintres Geoffroy-Alphonse Chocarne et Joseph Guichard. Ce dernier reconnaitra le talent émergeant de Berthe et de sa sœur Edma, et leur promettra une carrière de peintre. Les jeunes filles se sont rendues régulièrement au Louvre pour copier les chefs-d’œuvre qu’elles voyaient. Lors de ces séances de peintures, elles rencontrèrent en 1859 le peintre Henri Fantin-Latour, qui deviendra un ami de Berthe Morisot. Le grand artiste Jean-Baptiste Corot que Berthe rencontrera grâce à son professeur Joseph Guichard, aura une influence importante sur son style. En 1864, Berthe et Edma exposent pour la première fois au Salon des Beaux-Arts où Berthe propose des paysages. Les petites expositions s’enchaîneront durant toute la décennie.

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Le Berceau, 1873

La famille Morisot organisait régulièrement chez eux, des soirées, fréquentées par de nombreux artistes et personnes cultivées de la bourgeoise. Les sœurs Morisot rencontrent ainsi écrivains, poètes et peintres, en particulier Émile Zola, Charles Baudelaire, Charles-François Daubigny, Édouard Manet. Berthe a posé de nombreuses fois pour ce dernier, qui a été son professeur et surtout son ami. Ainsi, Berthe Morisot a fréquenté énormément les frères Manet, Édouard et Eugène. Malgré l’influence d’Édouard, Berthe réussira à affirmer, avec le temps, son originalité et à trouver son propre style. Elle se découvrit un vif intérêt pour l’impressionnisme.

 

En 1874, Berthe Morisot et ses amis peintres (Monet, Renoir, Pissarro et Degas) fondent la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs qui a pour but de permettre aux impressionnistes d’exposer librement sans passer par le salon officiel organisé par l’Académie des Beaux-arts. Au printemps, la première exposition impressionniste est organisée à Paris. Berthe Morisot, pour l’époque avait un comportement en marge des normes, car d’une part elle était une femme peintre (les œuvres de femmes étaient interdites au Musée des Beaux-Arts), d’autre part elle exposait dans un groupe d’artistes constitué que d’hommes. Ainsi, elle dut faire face aux commentaires désobligeants des critiques d’art de l’époque qui ne comprenaient pas l’impressionnisme et trouvait très osé qu’une femme expose ses toiles parmi un groupe d’hommes. De ce fait, le critique d’art Albert Wolf écrivit dans Le Figaro : « Chez elle, la grâce féminine se maintient au milieu des débordements d’un esprit en délire. »

 

 

En décembre de 1874, Berthe épouse le peintre Eugène Manet et leur fille, Julie naît quatre ans plus tard en 1878. Dans les années 1880, elle entretiendra des relations amicales avec de nombreux artistes, les recevant chaque jeudi dans sa maison de Paris. Écrivains et peintres se côtoyaient tels que Degas, Caillebotte, Monet, Pissarro, Renoir ou encore Mallarmé.

 

Son art se fait connaître et elle sera invitée à participer à une exposition à Bruxelles en 1887. Enfin, en 1892, elle organise sa première exposition personnelle à la galerie Boussod et Valadon à Paris. Elle eut du succès, mais ce bonheur fut éclipsé par le décès de son mari. Berthe Morisot contracte en février 1895 une maladie pulmonaire et décède le 2 mars à l’âge de 54 ans à Paris.

Son style était au contraire des usages de son temps et de son milieu. Le Musée National des beaux-arts de Québec commente le travail de l’artiste : elle peignait « (…) d’après des modèles (qui) lui permet (tait) en effet d’explorer plusieurs thématiques de la vie moderne, telle que l’intimité de la vie bourgeoise de l’époque, le goût de la villégiature et des jardins, l’importance de la mode, le travail domestique féminin, tout en brouillant les frontières entre intérieur/extérieur, privé/public ou fini/non fini ». Durant toute sa vie, elle a réalisé de nombreux portraits, en particulier de sa fille, Julie.

 

Une exposition itinérante mettant à l’honneur Berthe Morisot, débutera en juin 2018 par le Musée national des beaux-arts du Québec, puis la Fondation Barnes à Philadelphie, ensuite le Dallas Museum of Art de Dallas et enfin le Musée d’Orsay à Paris. Cette rétrospective a pour but de sortir l’Art de Berthe Morisot de l’oubli et lui rendre sa place de figure fondatrice du courant impressionniste.

Lisa Van Campenhout

 

Bibliographie :

Bromont en Art (2018). La peintre impressionniste Berthe Morisot de l’oubli.
https://www.bromontenart.ca/fr/nouvelles-artistiques-en-bref/sortir-la-peintre-impressionniste-berthe-morisot-de-oubli

France Inter. 92017) Une femme chez les impressionnistes.
https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-26-mars-2017

Musée National des beaux-arts de Québec. (2018) Berthe Morisot, femme impressionniste, https://www.mnbaq.org/exposition/berthe-morisot-1256

Rivage de Bohème. (2018) Berthe Morisot.
http://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/peinture-19e-siecle/berthe-morisot.html