Pan Yuliang est une peintre chinoise ayant vécu une grande partie de sa vie en France. Elle est connue pour ses portraits de femmes nues et ses autoportraits.

Illustration : Manon Bauzil @bauz92

Pan Yuliang, née Chen Xiuqing, voit le jour le 14 juin 1895 à Yangzhou, une ville de la province de Jiangsu en Chine, dans un milieu modeste.

Elle perd ses parents tôt : son père lorsqu’elle a un an, et sa mère lorsqu’elle en a huit. Son oncle obtient alors sa garde, et la renomme Zhang Yuliang. Lorsqu’elle atteint l’âge de treize ans, il la vend à une maison close de la province d’Anhui, où elle est contrainte de travailler et de se destiner à une vie d’enfermement.

À l’âge de dix-huit ans, elle y rencontre Pan Zanhua, un riche fonctionnaire. Attaché à elle, il décide de racheter sa liberté et de la prendre en seconde épouse. Elle prend alors son nom, signant ses lettres du nom « Panzhangyuliang », qui deviendra Pan Yuliang.

Ensemble, ils déménagent à Shangai.

Leur voisin est peintre et cela suscite l’intérêt de la jeune femme, qui apprend avec lui les rudiments de cet art.

Un ami de son mari, Liu Haisu, remarque son talent. Directeur de Shanghai Meizhuan, l’école d’art de Shangai, il l’encourage à y rentrer. Elle y est admise en 1918, faisant d’elle la première femme à être élève de cet établissement.

Cette école, très réputée, enseigne des techniques occidentales, notamment le dessin d’après modèle vivant. Elle en sort diplômée en 1921.

À cette époque, le nu est un sujet tabou en Chine, mais cela intéresse beaucoup Pan Yuliang. Elle se rend dans des bains publics pour dessiner, et fait des autoportraits nus. Cela lui crée une réputation de rebelle, qui n’est pas très bien vue.

À la sortie de l’école, elle gagne un concours de l’institut franco-chinois de Lyon. Soutenue financièrement par son mari, elle entre alors aux Beaux-Arts de Lyon, puis aux Beaux-Arts de Paris en 1923.

En 1925, elle obtient la bourse du prix de Rome, ce qui lui permet d’aller y étudier. En Italie, elle se perfectionne en sculpture et en peinture à l’huile, et y gagne à nouveau un prix lors de l’Exposition Romaine d’Art International.

En 1928, Liu Haisu l’invite à revenir en Chine pour enseigner à Shanghai Meizhuan.

Entre 1929 et 1936, elle expose cinq fois. Elle obtient un poste de professeur à l’Université nationale de Nanjing. Ses oeuvres ont du succès, mais sont aussi sévèrement critiquées par des officiels du gouvernement chinois et par des critiques d’art réactionnaires en raison des nus.

Rebutée par cet accueil, en 1937, Pan quitte Shanghai et s’installe définitivement à Paris.

Femme allongée, 1940

Durant les années qui suivent, elles crée énormément d’oeuvres. Peintures à l’huile, sculptures, dessins… elle est exposée en France, en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon. L’Etat français lui achète des oeuvres. Elle participe à plusieurs Salons parisiens et remporte des prix. Ses sujets de prédilections sont les autoportraits, les natures mortes, et les portraits de femmes. Elle reste attachée aux nus.

À l’aise, 1941

Elle est élue présidente de l’Association d’Art Chinois en France en 1945.

Elle entretient une correspondance avec son mari et sa famille restée en Chine. Durant la grande famine et la révolution culturelle chinoise, elle est leur premier soutien financier. Fortement attachée à son indépendance, elle n’est représentée par aucune galerie d’art et malgré son succès, elle a du mal à s’en sortir matériellement.

On ne sait pas exactement pourquoi elle n’est pas rentrée en Chine, un souhait qu’elle a exprimé plusieurs fois dans sa correspondance. Il est possible qu’elle en ait été empêchée en raison des tensions politiques.

Autoportrait, 1949

Durant les années 50 et 60, elle pratique beaucoup le dessin à l’encre, avec un trait marqué.

Beautés après le bain, 1955

Les dernières années de sa vie sont marquées par le dénuement ainsi qu’une certaine solitude. Elle est cependant invitée à exposer par le Musée Cernuschi, et plutôt que d’accepter une exposition personnelle, elle propose également les oeuvres de trois autre femmes artistes chinoises vivant en France. L’exposition « Quatre artistes chinoises contemporaines » est montrée du 26 mars au 30 avril 1977.

Elle meurt quelques mois plus tard à l’été 1977 à Paris, laissant des milliers d’oeuvres. Quelques unes sont trouvables au Musée Cernuschi et au Musée d’Art Moderne à Paris, mais la grande majorité se situe en Chine au Musée provincial de l’Anhui à Hefei, où a grandi son mari.

Sources :

https://en.wikipedia.org/wiki/Pan_Yuliang

https://www.bm-lyon.fr/nos-blogs/le-fonds-chinois/ses-documents-et-ressources/ressources-359/presentation-de-l-institut-franco-chinois-de-lyon-1921-1946/les-etudes-suivies/article/pan-yuliang-1894-1977

http://www.villavassilieff.net/?Pan-Yuliang-un-voyage-vers-le-silence

https://awarewomenartists.com/artiste/pan-yuliang/