Poète, performeur, artiste visuel, Tarek Lakhrissi développe une pratique artistique protéiforme qui porte sur le langage, l’identité et les affects. Il a réalisé de manière autodidacte son premier film diaspora/situations, un documentaire qui interroge les identités diasporiques queer. Il est en ce moment en résidence à La Galerie, Centre d’art contemporain à Noisy-Le-Sec où il va présenter sa première exposition personnelle Caméléon Club dont le vernissage est le 1er février.

photographie de Charly Gosp

Quel est ton rapport au monde de l’art contemporain ? En quoi tu pourrais le rapprocher de la notion de transfuge[i] ?

La notion de transfuge est importante quand tu remets en perspective tout ton parcours. Je pense que c’est l’une des choses les plus compliquées quand tu es un jeune artiste et que tu arrives dans le milieu de l’art contemporain. Tu as très peu d’interlocuteurs pour interroger ta place, questionner tes prises de positions et comment tu peux stratégiquement arriver à tes ambitions. Sans se compromettre ou se censurer. C’est une expérience qui peut être isolante. Je crois que je suis arrivé à un endroit maintenant où j’arrive très facilement à dire ce que j’ai envie de faire tout en gardant une forme de liberté. Je suis ma propre matière. Et le transfuge, c’est un peu comme être un caméléon : tu t’adaptes, tu prends une nouvelle peau et un jour, tu découvres que tu parles d’une autre manière. Il y a quelque chose de l’ordre de la métamorphose. Cela m’inspire beaucoup, et cela me rend très fier de mon héritage.

Pour revenir à ta question, c’est quelque chose que j’apprends en ce moment et à laquelle je n’ai pas tout à fait de réponses. Je suis très observateur, et évoluer dans ce milieu suppose plusieurs types de négociations. Mais cela m’intéresse parce que c’est justement compliqué. J’ai envie de faire ça depuis longtemps mais j’ai pris du temps à l’assumer. Surtout quand, comme moi, tu n’as pas fait d’écoles d’art et que parfois ton profil n’est pas forcément le bienvenu ou qu’il est trop atypique. Le monde de l’art contemporain est un monstre capitaliste et élitiste.

Qu’est-ce qui t’a amené à la création ?

J’en fais depuis que je suis tout petit. J’ai toujours dessiné et le rapport à l’image m’a toujours intéressé notamment à travers la télévision. Je me souviens m’être toujours demandé comment un journal télévisé ou un film étaient construits. Et tout ce qui était de l’ordre du bizarre m’inspirait. Je me suis toujours considéré comme weird. J’ai découvert plusieurs lectures au collège qui ont développé un sens de l’écriture chez moi. J’avais très tôt l’envie de me sentir représenté dans cet « océan de tropes blancs ». Avec l’écriture, tu accèdes à une forme de créativité qui te permet de créer de nouveaux mondes, de nouvelles façons de penser, de mettre en place des fantasmes et les réaliser, de créer une sorte de nouvelle technologie de soi. Je me rappelle que petit j’avais beaucoup d’imagination, je jouais avec des peluches, des figurines à qui j’apportais énormément de vie, de personnalités. Je passais des heures et des heures à leur construire une narration et les mettre en relation. Je faisais la même chose dans la petite ferme de mon oncle, j’inventais des noms à tous les animaux. Je réalise que la mise en scène que ce soit dans le film ou l’art contemporain m’a toujours intéressé. Par défaut, je suis toujours resté dans le milieu de la littérature, de l’écrit et de la parole en poursuivant des études à l’université en littérature et en études théâtrales et étant libraire pendant six ans. Je suis heureux que ce soit quelque chose de présent dans mon processus de création. Quand j’étais à l’université, j’étudiais beaucoup le théâtre, et je réalisais que j’avais envie d’aller plus loin et pas simplement étudier. C’est à Montréal que j’ai fait mes premières lectures publiques, que j’ai commencé mon premier documentaire diaspora/situations, né en réaction à la série Strolling de Cecile Emeke. J’ai aussi été encouragé à poursuivre une écriture expérimentale par Jean-Simon Desrochers à l’Université de Montréal. Cela a été un déclic.

D’ailleurs ta création est tant poétique, visuelle qu’inspirée par des références théoriques, ce qui reflète ton parcours.

Pour moi, la recherche est une part centrale de mon processus de création.  Cela vient peut être de mon côté chercheur contrarié. Par exemple j’ai réalisé une vidéo basée sur le témoignage d’une jeune danseuse arabe de hip-hop, Imane, lors de ma résidence à la Galerie, à Noisy-Le-Sec (93). Elle est très charismatique et sûre d’elle. Ce qui m’a beaucoup marqué dans son discours, c’est qu’elle n’a que seize ans et a déjà une notion très précise d’elle même et du succès. Cela permet de réfléchir à la notion de « succès », sur ce que cela veut dire, notamment dans une société capitaliste et libérale et surtout quand tu es une personne de couleur. L’histoire n’a pas été écrite pour que nous ayons une place successful. D’où la puissance radicale de dire aujourd’hui « Je suis le/la meilleur.e et je vais réussir ». J’ai commencé à regarder des vidéos d’Oprah Winfrey où elle donne justement des conseils pour réussir en face d’une assemblée de jeunes femmes noires diplômées et j’aimais l’idée d’associer les deux discours. Un peu aussi pour souligner l’importance des apports des femmes noires et de couleur dans la pensée révolutionnaire. Il y a quelque chose de puissant dans un discours performatif, où l’on se persuade d’être le meilleur.  José Esteban Muñoz[ii], qui revient beaucoup dans mes travaux, est important pour moi parce qu’il a cette particularité d’être un scholar (universitaire) mais il écrit de manière sensible, poétique. Par exemple, il peut commencer par une anecdote dans un bar queer où il voit Vaginal Davis réaliser une performance, il décrit ses émotions lors du show et va ensuite développer tout un discours  politique et philosophique autour d’elle et de sa pratique. Ce type de glissement est très inspirant pour ma pratique. Cela m’intéresse beaucoup de justement multiplier les médiums : poésie, image, recherche, performance, workshops (ateliers), et passer mon temps à glisser de l’un à l’autre pour essayer de trouver la meilleure manière d’exprimer une idée. Ne plus créer des hiérarchies, et éviter la spécialisation.

Qu’est-ce qui selon toi caractérise ta langue poétique ?

Je suis assez persuadé d’avoir des visions. À certains moments de ma vie, j’en ai eu de très précises. La poésie arrive un peu comme ça. Cela arrive comme un flux de pensées, c’est-à-dire j’ai une phrase comme « J’ai traversé Gibraltar / Ta gueule pour voir ». C’est une association de deux phrases qui veulent à priori rien dire, mais à partir de ces deux propositions j’aime imaginer toute une narration autour de Gibraltar, autour de cette personne qui va dire « Ta gueule ». Et revenir à une forme de glissement. Et ensuite y rajouter une référence à Aya Nakamura ou Björk par exemple. Si je peux la caractériser, c’est une langue en métamorphose permanente, dans l’ordre du lâcher-prise et qui serait bâtarde. Les phrases interviennent dans ces moments où je médite. L’intérêt se manifeste dans ma capacité à leur donner de l’espace. À partir de là, je prends mon téléphone, j’ouvre l’application Notes, et un texte défile. Oui, je dirai une métamorphose de la langue qui ne se contente plus de dire ce qu’il y a à dire mais plutôt de passer par des biais, des chemins étranges et intuitifs – proches de formes de transes.   

I don’t understand what you are saying but I love you (2018)
I don’t understand what you are saying but I love you (2018)

Comment tu caractérises ta langue poétique se retrouve, j’ai l’impression, dans ce que j’ai vu dans ta performance Blouse Bleue. Il y a lors de la performance des associations de références auxquelles on n’aurait pas pensé mais qui font ta narration du monde et dans lesquelles on est invité en tant que spectateur.trice à y mettre du sens ou pas.

Pour moi, la performance c’est le moment où tu te confrontes de manière directe à l’autre, dans un cadre précis tout en traversant un seuil. J’aime l’aspect participatif, prendre au sérieux le public et lui donner de la place. Les pièces de théâtre qui m’ont le plus intéressés sont celles où les metteurs en scène offre une liberté dans l’expérience. Comment ton corps est interpellé, quelles émotions se diffusent. Je pense que l’une des expériences les plus transformatrices est la pièce Einstein on the Beach de Robert Wilson. Elle t’offre une expérience du mystérieux qui est encore très difficile à décrire.

Quand j’écris des textes, j’essaie toujours d’être dans une sorte de partage qui peut être empowering (empuissant), autant pour moi que pour la personne avec qui je partage le texte ou la performance. Un ancien enseignant me disait récemment que mon écriture était comme une colère douce. J’ai beaucoup aimé cette description parce que ça rejoint aussi beaucoup notre génération. Oui, on est très en colère mais parfois on essaie de trouver des manières d’appréhender cette colère autrement. La colère est un sentiment  moteur et nourrissant, mais c’est aussi un feu et j’aime être précisément entre ces deux tensions. Et voir ce qui explose, apparaît.

Tu as mené justement un atelier « A love note about rage » à Bétonsalon. Lors de tes ateliers, y a-t-il une volonté d’utopie collective ? La question de la transmission est également importante et comment on fait communauté ?

Oui, et aussi, cela rejoint la performance, à quel endroit tu donnes la place à une autre personne. Ça suppose un immense travail d’écoute. C’est beaucoup plus compliqué de connecter avec une personne avec qui tu n’aurais a priori rien à partager. Mais, pour moi, c’est justement là où il y a des formes de vie qui se créent. On est plus de plus en plus renfermés sur nous-même à cause des violences extérieures et des réseaux sociaux qui nous rendent obsessionnels. On est un peu tous en crise permanente. Et pour moi, une exposition, une performance, un atelier, font partie des derniers endroits où tu peux proposer un espace à partager. Quand tout le monde joue le jeu, un truc magique se passe, il y a des circulations d’énergie, des partages de compétences et d’expériences, et un sens du « commun » s’installe. Et je pense que cela nous permet ensuite d’avoir un rapport au monde beaucoup plus nuancé et plus ancré.

C’est un espace de guérison également ?

Qui est évidemment éphémère. Et aussi un espace de confrontation, le healing (remède, guérison) va aussi intervenir par des conversations difficiles. C’est une transformation nécessaire, mais qui passe aussi par des formes de violences.

Quel est ton rapport aux réseaux sociaux et à Internet de manière générale dans ta pratique artistique ?

Ce que j’aime beaucoup avec Internet c’est que tu peux te retrouver à te spécialiser dans un sujet absurde dont tu n’as absolument pas besoin. Si tu veux en savoir un peu plus sur quelque chose que tu ne sais pas, tu googles et tu trouves une solution. Je pense que les réseaux sociaux ont aussi permis de circuler des informations jusque là plutôt secrètes ou underground. Ce qui a permit à plusieurs de créer des « communautés de goût » et il y a une puissance radicale dans ce type de glissement dans notre société. Internet, c’est un accès ample à l’information mais aussi une dystopie. À la base, c’était fait pour rassembler les gens et c’est finalement l’inverse qui se passe.

Je ne sais pas si tu connais justement le travail de Tabita Rezaire qui interroge le caractère occidentalo-centré, raciste, sexiste, homophobe, des fondements d’Internet. Internet renforce en fait les inégalités qu’il prétend dissoudre.

Exactement. J’aime beaucoup le travail de Tabita Rezaire, je trouve que c’est une des artistes les plus intéressantes en ce moment de sa génération. J’aime beaucoup notre génération parce qu’on est assez habiles avec Internet, grâce à un smartphone par exemple, un accès assez facile à des informations. Internet représente quelque chose d’effrayant et de fascinant dans cette capacité d’avoir accès à tout et à rien en même temps, comme isole aussi. Cela crée une uniformisation des références, des manières de s’habiller, de parler. Instagram en est un grand exemple : on passe son temps à se mettre en scène, à se surveiller les uns les autres et poster des selfies, ou du food porn. C’est un excellent outil de pouvoir, et finalement, tout devient une forme de panoptique. Black Mirror n’est pas si éloigné de nos réalités.

C’est quoi ton rapport aux memes ?

C’est génial. Dans les communautés de couleur et queer, c’est hyper important les memes. Je suis beaucoup BestofGrindr et aussi ceux sur la culture astrologique. Pour les questions féministes et antiracistes, le meme est idéal : il permet d’aborder des questions radicales mais avec de l’humour.

Quels ont été tes premiers coups de cœur artistiques durant ton enfance et/ou ton adolescence ?

Je regardais beaucoup de clips vidéo quand j’étais petit. J’ai vraiment grandi avec les clips vidéos, j’étais inspiré par les clips de RnB : TLC, Aaliyah, Janet Jackson… On avait le cable et parfois accès à MTV. Aujourd’hui, je regarde encore beaucoup de clips vidéo pour entrer dans l’univers d’un artiste. Oui, je commencerais par cette culture clip qui s’est trouvée augmentée avec YouTube et Internet. Sinon la télévision m’a énormément marqué : les effets spéciaux dans les films, la Trilogie du samedi soir sur M6, les séries surnaturelles m’ont aidé à développer un imaginaire qui me sert beaucoup aujourd’hui et aussi à embrasser une forme de weirdness. Adolescent, je fréquentais beaucoup la bibliothèque où je passais des heures, j’allais aussi au petit cinéma d’arts et d’essais de la ville. Tout cela à contribuer à me créer une culture visuelle et esthétique : je découvrais Egon Schiele et les surréalistes, les films de Fassbinder, Woody Allen ou encore Spike Lee…

Dans ton exposition, tu travailles autour de la science-fiction.  Et je voulais la mettre en lien avec un concept qui t’est cher la « désidentification » créé par Muñoz. Est-ce que la science-fiction peut permettre la désidentifiction ?

Oui, cela permet à partir du moment où tu peux te projeter dans un monde, un temps imaginaire, où tu crées de nouveaux codes et de nouvelles manières de penser. Je suis tombé récemment sur cette phrase dont je ne me rappelle plus l’auteur : « Il est plus facile de penser à la fin du monde, qu’à la fin du capitalisme » (rires). C’est tellement vrai. Avec la science-fiction, tu peux réfléchir à ce qui se passe aujourd’hui et le décontextualiser, y intégrer, insuffler des virus qui vont être critiques sur ce qu’on appelle les questions raciales, sexuelles… Dans le cadre de mon exposition personnelle Caméléon Club, je réalise un film tourné principalement qu’avec des personnes de couleur, Out of the Blue. Tout se passe dans un huis clos, dans un cinéma. Ce qui m’intéresse dans l’anticipation, c’est que tu peux vraiment tout te permettre d’un point de vue esthétique et narratif. J’ai écrit des choses complètement malades, je suis même arrivé à parler de grand remplacement. Et donc intégrer une théorie d’extrême droite (qui a été à la source de la tuerie de Charlottesville aux Etats-Unis), très tournée en dérision dans les espaces activistes. Je suis content de ce film : il y a une unité qui permet de penser un monde imaginaire où les personnes de couleur auraient la place principale, une place au centre et où tous les hommes blancs riches seraient enlevés un par un par des extra-terrestres. Un moment supposé catastrophique devient un moment de célébration. Et cela pose finalement tout un nombre de question. La principale est « Qu’est-ce qu’on fait ensemble maintenant ? ».

Un autre concept qui t’a touché : l’identité-relation d’Édouard Glissant. Tu le rapprocherais de la désidentification de Muñoz ?

Non. Penser la relationalité chez Glissant est très précise. Elle n’est pas forcément très proche de Muñoz qui est queer. L’identité-relation est importante pour moi. Mais ce que j’aime chez Muñoz, c’est que dans la désidentification,  il y a cette notion de code qui me plait et me parle plus. Elle fait partie intégrante de mon travail : je travaille sur les associations, le langage qui est un code pour communiquer, transmettre des émotions, pour faire communauté, faire lien. La désidentification je la dissocie de Glissant parce qu’il y a une dimension extrêmement radicale. Elle correspond d’avantage à la notion de survie propre aux expériences minoritaires. Sa radicalité s’exprime notamment à travers l’art. Dans les travaux de Muñoz, les artistes de couleur sont représentés et honorés. Il parle beaucoup de Baldwin, Basquiat, Marlon Riggs, ou encore Gonzales Torres.

Je me sens bien plus proche de Muñoz. Dans son deuxième livre Cruising Utopia, il y parle de futurités en lien avec le queer qui devient une possibilité, quelque chose à atteindre plutôt qu’une identité. Et c’est révolutionnaire.

J’aimerais pour finir que tu me parles de ta première exposition personnelle Caméléon Club. En quoi elle va consister ? Quel cheminement elle représente pour toi ?

Le titre Caméléon Club vient de plusieurs anecdotes. La première est personnelle : je me suis toujours identifié comme un caméléon. J’ai une très grande capacité à m’adapter à des situations, à des lieux, et cela rejoint ta première question. J’aime bien l’idée de m’intégrer (au sens positif) et de changer de peau. J’aime plutôt être équivoque, être multiple dans ma manière d’appréhender le monde, d’approcher des situations qui sont à priori non « approchables ». Caméléon Club fait aussi écho encore une fois à Muñoz dans Cruising Utopia, son dernier livre. Il fait notamment référence à un club gay, le 1470, et pour y accéder il faut traverser un club punk le Chamelon Club. Entre ces deux clubs, il y a un seuil, et c’est au milieu de ce seuil qu’il se sent lui-même. C’est aussi là que les espaces utopiques et les potentialités existent. Cela m’a extrêmement inspiré pour développer toute cette exposition qui va porter sur la science-fiction mais c’est une forme de prétexte. Ce qui m’intéresse dans la science-fiction, c’est que c’est absurde. Quand on dit science-fiction, il y a toujours un référentiel énorme. Caméléon Club est une manière de penser un espace parallèle qui peut exister à travers la notion de seuil. Toutes les œuvres et les salles l’interrogent : comment t’accèdes d’un lieu à un autre, une salle à une autre et en quoi la banlieue peut devenir cet espace intermédiaire. Comment la Galerie est en soi une sorte d’hétérotopie[iii] au milieu de Noisy-le-Sec. Comment le film qui est une mise en abyme (c’est un film qui se passe dans un cinéma) propose une autre forme de seuil autour de l’espace et du temps. Il y a également un dispositif avec une scène et du sable. Sur cette scène, il va y avoir des performances (de Ghita Skali, Sorour Darabi, Helma…), des entretiens avec Kaoutar Harchi et un atelier organisé par Claire Finch et Karima El Kharraze. Comment aussi l’espace performatif est un seuil à franchir. C’est la concrétisation de plusieurs années de travail. Mais je n’avais jamais eu d’espace pour y penser réellement, avec une équipe aussi compétente que celle de la Galerie et avec des ressources. Je suis heureux de proposer une première exposition qui soit moi et qui propose une vraie manière de sortir de soi. De trouver des utopies en soi, aussi. Et du soin, peut-être.

Out of the blue (2019)
Out of the blue (2019)

Découvrez le travail de Tarek Lakhrissi à l’exposition Caméléon Club du 2 février au 30 mars à la Galerie Centre d’Art Contemporain au 1, rue Jean Jaurès, 93130, Noisy-le-Sec ! Le vernissage a lieu le vendredi 1e février de 18h à 21h.

[i] Transfuge de classe est un terme sociologique pour désigner une personne vivant dans une autre classe sociale que celle de son enfance. Le transfuge se retrouve entre deux socialisations ayant des valeurs et normes différentes.

[ii] José Esteban Muñoz est un universitaire américain qui travaille sur l’étude des performances, la théorie queer, la culture visuelle. Dans son premier ouvrage Disidentifications: Queers of Color and the Performance of Politics (publié en 1999), il développe le concept de désidentification qui désigne «  des pratiques culturelles, souvent des performances artistiques, employées par les « queers de couleur » pour subvertir les codes de la culture dominante (hétérosexuelle, cisgenre, masculine, blanche). La désidentification est définie par Muñoz comme une troisième voie, proposant une alternative à la binarité entre identification et contre-identification, et qui permet l’invention par le sujet d’identités hybrides, mouvantes. Pour Muñoz, la désidentification, pour les « queers de couleur » fut une des conséquences du colonialisme qui les a placés en dehors de l’idéologie raciale et sexuelle dominante, c’est-à-dire la normativité blanche et l’hétéronormalité. » (wikipédia)

[iii] Hétérotopie est un concept créé par le philosophe Michel Foucault qui fait référence à des « lieux physiques de l’utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l’imaginaire, comme une cabane d’enfant ou un théâtre. Ils sont utilisés aussi pour la mise à l’écart, comme le sont les maisons de retraite, les asiles ou les cimetières. » (wikipédia)