« Les plasticiens sont loin d’être aussi bien lotis que les intermittents. Pour Pôle emploi, ils n’existent pas : travailleurs indépendants, ils ont pour seule recette la vente de leurs œuvres. Or le pourcentage que reçoit l’artiste de la vente d’une œuvre reste très marginal sur le plan économique. Les plasticiens ne peuvent prétendre aux allocations en cas d’accident du travail. Le droit à la formation demeuré longtemps très balbutiant commence doucement à de développer. Si, en revanche, pour les charges sociales le taux de 15 % est avantageux, il ne saurait faire oublier la terrible fragilité économique du secteur. Dans les budgets alloués aux expositions, il n’existe quasiment jamais un poste prenant en charge la rémunération de l’artiste, sans qui, pourtant, l’exposition n’existerait pas. Ou, s’il existe, il est souvent très faible, très en deçà de ce qui est consacré à la production. Le droit de monstration, qui indique que l’artiste devrait être rémunéré lors d’une exposition dans un lieu, n’existe d’ailleurs généralement que dans les textes. »

Isabelle De Maison Rouge, Le mythe de l’artiste, au-delà des idées reçues, Paris, Le Cavalier Bleu, 2017

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