Il y a une raison pour laquelle on ne dit pas que Rihanna est une icône féministe mais qu’on donne se titre à ses homologues blanches : le corps féminin noir est considéré comme ouvertement sexuel. C’est pour ça que Miley Cyrus peut se créer une identité sexuelle simplement en s’associant avec la culture noire et que Lily Allen peut faire une critique de l’hyper-sexualité en nous utilisant pour illustrer son propos. En étant noire et femme, Rihanna doit se battre pour prouver qu’elle n’est pas juste un objet sexuel. Miley peut être nue et féministe parce qu’on la considère comme “innocente” et qu’aimer le sexe – pour les femmes blanches comme elle – n’est pas la norme, c’est un acte révolutionnaire. C’était comme cela qu’on justifiait le viol des femmes noires, c’est la raison pour laquelle les organes génitaux de Saartjie Baartman ont été découpés de son corps, pour prouver notre nature sexuelle intrinsèque et pour prouver que la nature asexuelle (et donc, pure) de la femme blanche. Lorsque les pop stars sont érigées au rang d’exemples féministes tandis qu’on continue de perpétuer un héritage d’humilier et de sexualiser les corps noirs, le féminisme mainstream envoie un message clair : non, nous ne sommes toujours pas des femmes.*

– Lesli-Ann Lewis, “Why We Can’t Have Black Feminist Pop Icons”

* “Nous ne sommes toujours pas des femmes” : cette phrase est une référence à la question qu’une ancienne esclave, Sojourner Truth, a lancée lors d’un discours célèbre en 1851 : “Ain’t I a woman ?” (Ne suis-je pas une femme ?). C’est aussi le titre du livre de Bell Hooks qui a été réédité récemment.

― CITATION // BLACK FEMINIST POP ICONS