Dans son essai, « La Masculinité comme Spectacle », Steve Neale tente de continuer le travail de Laura Mulvey sur le regard masculin en remettant en question son affirmation selon laquelle l’homme ou le spectateur s’identifiant à l’homme ne peut jamais considérer le corps masculin comme érotique. Pour remettre en question cette affirmation de Mulvey, Neale identifie les mécanismes que le cinéma mainstream d’Hollywood utilise pour représenter le corps masculin comme érotique. Par exemple, en faisant du corps masculin une cible de violence. Dans les films de guerre, un soldat peut enlacer son ami – tant que cet ami est en train de mourir sur un champ de bataille. Dans les western, Butch Cassidy peut laver le corps nu de Sundance Kid – du moment qu’il est blessé. Dans les films de boxe, un entraîneur peut masser le torse bien développé et le dos musclé de son protégé – tant qu’il est couvert de bleus. Dans les films policiers, un lieutenant mafieux peut embrasser son chef comme un amant – pourvu qu’il soit criblé de balles. La violence rend invisible l’homo-érotisme de n’importe quel genre cinématographie « masculin » ; c’est un mécanisme structurel de déni plausible.

Kent Brintnall

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