carrie

“Qu’elle se porte volontaire pour prendre la place de sa soeur dans l’arène ou qu’elle prépare son fils à rejoindre la résistance ; qu’elle flingue les gangsters qui vendent des drogues aux gosses du quartier ou qu’elle lève son épée pour venger sa fille, le personnage de la “femme forte” est souvent stimulé par une préoccupation maternelle, un désir caractéristique de préserver sa communauté, protéger les faibles et les vulnérables. Son caractère bad ass doit être au service du bien commun. Même lorsqu’elle a une éthique plus complexe (comme la Mariée*, qui admet à contrecoeur que tuer toutes ces personnes pour retrouver sa fille l’a fait se sentir bien), elle ne prend jamais place à la table de la grande révélation de Walter White : “Je l’ai fait pour moi”.

Carrie fait ce que Beatrix Kiddo et Ellen Ripley et Katniss Everdeen ne font pas : elle le fait pour elle-même. Sa vengeance, sa violence ne sont au service de personne, pour aucun bien noble. Elle ne tue pas parce que sa famille et ses ami-es ont été menacé-es. Il n’y a pas d’ami-es, pas de camarades parias à protéger des tyrans. Pas de petite soeur à protéger de la colère de Maman. Seulement elle-même. Et elle est assez. Carrie tue parce qu’on l’a trahie.”

*héroïne de Kill Bill
**héros de Breaking Bad

Traduction d’un extrait de l’article de Laura Bogart, The Trouble With ‘Carrie’: Strong Female Characters and Onscreen Violence

― citation // héroïnes : cinéma et sexisme