L’homosexualité est éliminée des pages de l’Histoire, bien entendu. La sexualité des hommes gay est soumise au déni, à l’oblitération, au silence. Cependant cet effacement n’est pas aussi total que la manière dont le sujet historique lesbien a été traité. L’érotisme homosexuel est non seulement réduit au silence par les récits historiques, mais ces récits (associés à la religion, la science, l’art et la philosophie) ont été racontés par les hommes pour les hommes et sur les hommes. La sexualité des hommes gays en a certes été exclue, mais les lesbiennes en sont quant à elles totalement radiées, notre propre existence étant contestée. Bien qu’il ne soit pas dit que W.H. Auden, Maynard Keynes, Cecil Beaton, Michel Ange, Cecil Rhodes ou Tchaikovsky étaient homosexuels, on nous a appris à vénérer leur accomplissements. Une personne qui étudie l’Histoire des lesbiennes fait face à deux problématiques de dispersion : la destruction des preuves de déviance sexuelle qui poursuit toute tentative de récupération du sujet homosexuel, et la tendance des historiens à tout bonnement ignorer les femmes.

—  Tamsin Wilton, Lesbian Studies: Setting an agenda

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