Dans cette culture, il est impossible qu’une femme noire écrive “trop”. En fait, aucune femme écrivainE ne peut “trop” écrire. Etant donné les siècles de silence, les styles d’écriture qui ont été pratiquement exclusivement le terrain des hommes, davantage de contributions féminines devraient être à la fois encouragées et accueillies. En tant que professeure, je m’assois année après année dans des salles de classe et je parle avec des jeunes femmes qui doutent de leur voix, qui se demandent toujours si elles pourront devenir des “auteures”. Nombre de ces jeunes femmes ont peur de parler, et encore plus d’écrire. Lorsque je suis témoin de leur peur, de leurs silences, je sais qu’aucune femme n’a assez écrit. Puis il y a des étudiantEs exceptionnelles qui sont incapable de terminer leur propre écrits, qui sont bloquées quand il s’agit de retranscrire leurs idées sur le papier, qui écrivent consciencieusement des travaux pour leurs homologues masculins ou pour des hommes plus âgés qui ont besoin d’assistance, et qui pourtant restent trop timides pour revendiquer leurs propres mots. Lorsque je suis témoin de cette auto-trahison, je sais qu’aucune femme n’a assez écrit.

– Bell Hooks

― citation // sexisme, écriture, confiance en soi, expression, invisibilité